l'origine des dreads :
Présentes partout, les dreadlocks sont aujourd'hui récupérées par la mode. "Fashion dreads", "false rastas", ou "wolves" termes donnés par les rastafariens pour cet enguouement. Signe extérieur de prise de conscience intérieure ou simple nouvelle tendance capillaire?
Les dreadlocks sont omniprésentes. Dans la publicité, dans les manifestations anti-mondialistes, dans les festivals de tout genre... Mais la tonsure ne fait pas le moine et comme le dit la prophétie rastafarienne : "il y aura des moutons et il y aura aussi des loups déguisés en moutons".
Même si les dreadlocks sont étroitement associées aux rastas, celles-ci existaient bien avant la création du mouvement Rastafari. Mais il n'est pas nécessaire de les porter pour être Rasta, ce qui est, et reste toujours une polémique dans les communautés rastafariennes. Dépasser le seuil de l'apparence et de l'appartenance, les locks ont pour beaucoup plusieurs significations.
Tout d'abord, celles-ci répondent à un souci d'enracinement, de retour aux origines, aux racines. Pour beaucoup, elles symbolisent la force et le courage du lion, emblème de l'Ethiopie. Les roots, la crinière léonine marquent une forme d'africanité, et de naturalité. La transposition animalière vaut ici surtout pour ses qualités de courage et d'orgueil : "lionheart".
Ensuite, on peut leur donner la signification de "Knotty Dreads", symbolisant une couronne royale, ce qui permet de faire le rapprochement à Hailé Selassié Ier "king of kings". Les Saintes Ecritures fourmillent de références plus ou moins explicites concernant la Chevelure. Se conformer aux principes édictés dans le Lévitique (XXI-5) ou dans les Nombres VI-5 (Aussi longtemps qu'il sera consacré par son v½u, le rasoir ne passera pas sur sa tête; jusqu'à ce que soit écoulé le temps pour lequel il s'est voué à Dieu, il sera consacré et laissera croître librement sa chevelure).
Enfin, le port des dreads manifeste visiblement un rejet des canons esthétique occidentaux. Ceci reste les arguments les plus avancés, mais l'origine des dreadlocks restent néanmoins assez sombre.
Pour pouvoir en comprendre la signification actuelle il faut remonter aux années 30. A cette période, en Jamaïque, les premiers rastafariens à propager la doctrine n'en portait pas. On pouvait les reconnaîtrent physiquement, à leurs barbes, baptisé "beardmen" ou "beards". On peut croire que leurs choix de se laisser pousser la barbe vient des photos de Hailé Selassié circulant sur l'île qui influença leurs physiques. Quant aux "Natty Dreads", les témoignages concernant la période exacte et les raisons de leur apparition parmi les rastas diffèrent les uns des autres.
On peut prendre en compte différents facteurs d'influences.
Si l'on s'en tient à la version officielle, les gardes dits "Ethiopian Warriors" du camp de Leonard Howell (le Pinacle) se seraient laissés pousser les locks pour leur aspect effrayant au terme des années 40. D'autres observateurs du Rastafari ont émis l'hypothèse selon laquelle les "locksmen" se seraient inspirés des mystiques sâdhus (après l'abolition de l'esclavage, de nombreux travailleurs en provenance de l'Inde ont émigré en Jamaïque) qui portaient des locks atteignant parfois trois mètres de long! Selon le témoignage recueilli auprès de Joseph Nathaniel Hibbert (un des fondateurs du mouvement rastafari), un petit groupe de rastas du nom de "Jatavi" (terme désignant les nattes dans la langue hindoue) possédait déjà des dreads vers le milieu des années 30. D'autres argumentent que les dreadlocks sont apparues au sein du courant rasta par mimétisme et identification aux rebelles Mau Mau menés par Jomo Kenyatta s'opposant au colonialisme britannique au Kenya dans les années 50; des photographies de ces combattants "kikuyu" ornés de locks ayant été publiées dans certains quotidiens jamaïquains. Ils avaient juré de ne pas se couper les cheveux avant la libération de leur territoire. En 1953, les rastas défilèrent dans les rues de Kingston en manifestant leur solidarité aux résistants kenyans.
L'influence africaine n'est sans doute pas à négliger dans la mesure où une multitude d'ethnies (comme signe de distinction tribale ou confessionnelle) arboraient une coiffure plus ou moins similaire à celle des rastas : les Okomfo (Ghana), les musulmans hétérodoxes Bay'Fal, les soldats "tyeddo" de la société wolof pré-islamique, certains prêtres coptes d'Ethiopie
"Bahatowie", les tribus Bono, Oromo, Massaï, Galla...
Fin des années 30 ou début des années 50, la datation reste assez imprécise... mais une date est à retenir avec la Youth Black Faith, fondée en 1949, cette communauté rasta "Dreadfuls" ou "Warriors" en rupture avec les pratiques traditionalistes des "combsomes" (ceux qui continuaient à se peigner). Leurs différents se résumaient àl'adoption en tant que rituel ou non des locks et de la Ganja.
Progressivement, les dreadlocks vont se répandre chez les rastas et les "knotty dreads" deviennent, au début des années 60, largement majoritaires en Jamaïque.
De nombreux rastas délaissent cependant les dreadlocks, alléguant que l'Empereur n'en portait pas. Les discordes sur ce point sont nombreuses, le problème est toujours d'actualité dans les différentes communautés rasta des caraïbes. Pour ou contre l'adoption des dreadlocks, le rasta se définit tout d'abord par ce qu'il porte dans son c½ur et pas ce qu'il a sur la tête.